Anhaux : petite histoire

mardi 24 novembre 2009
par  GeneO

Cet article de Claude Lesgourgues, qui travaille activement à l’enrichissement de ce site, n’est que la synthèse d’une parution à venir. En effet, nous allons bientôt, grâce à lui, pouvoir vous faire découvrir l’histoire très intéressante et très fouillée de ce village, avec beaucoup de photos et de documents d’archives.
A paraître donc très bientôt, un magazine thématique consacré à Anhaux.

La commune d’ANHAUX

Le village d’Anhaux, blotti au pied du pic de Mounhoa, se situe à peut prés à égale distance des villes de Saint Jean Pied de Port et Saint Etienne de Baigorry.

La commune

Située à cheval sur une ligne de crête formé entre les pics d’Asquia et Hartzain Harria, elle est composée de 3 agglomérations d’Habitation : le village, les quartiers de Héguia et Chubitoa à l’Est, le hameau d’altitude d’Onçoroné au Sud, situé à environ une dizaine de kilomètres du village.

Histoire

Le village d’Anhaux était l’un des onze hameaux ou villages primitifs qui constituaient la vallée de Baigorry. Au moyen age, ces onze hameaux étaient : Ascarat, Sorhoeta, Moussourits, Lasse, Irouleguy, Urdos, Leispars, Occos, Oticoren, Guermiette et Anhaux. Ils se situaient tous au Nord de la vallée. Le sud, quant à lui, ne sera peuplé que bien plus tard.

Le Moyen Âge

Le document le plus ancien sur lequel apparaît le nom d’Anhaux est le cartulaire de l’abbaye de Sordes. Cette abbaye fut implantée vers le IX° siècle au Nord Est de la Navarre.
C’est l’époque des défrichements qui sont conduit par les abbayes qui n’étaient autre chose que d’immenses fermes. L’on peut penser que la chapelle latérale de l’église remonte à cette époque là.
Chapelle latérale de l'église d'Anhaux

La Vicomté de Baïgorry

Dans le recensement de 1412, le Vicomte de Baigorry possède ses hommes, peuplés dans sa propre terre appelés fivater.
C’est également à cette époque qu’apparaissent les Cagots. Ces populations qui firent partie des races maudites exécrée des populations, mais curieusement protégées par les nobles et le clergé. Population déplacée, ils le furent semble t’il pour leur compétences techniques dans les domaines du fer, du bois, des textiles au moment des défrichements. Ils furent implantés dans la périphérie du Village dans les quartiers de Heguia et Chubitoa.

Les XVII° & XVIII° siècles

Cette période de modification démographique et de développement des troupeaux de brebis va voir un phénomène d’aliénation des terres communes. En effet, depuis des temps immémoriaux, les maisons envoyaient, en estive, paître leurs troupeaux, constitués principalement de vaches et de porcs, dans les terres communes du fond de la vallée.
La coutume interdisait à ces bergers, le plus souvent des cadets, de clôturer des parcelles et à plus forte raison d’y édifier des constructions. Mais la rudesse du climat, l’éloignement de la maison mère, nécessita de construire des cabanes qui la plupart du temps furent montées en pierres sèches, puis au fil du temps devinrent des maisons. Pour pouvoir clôturer une parcelle, il fallait l’autorisation de la cour générale de la Vallée. Cette aliénation va se poursuivre jusqu’à la mi XIX° siècle.

La révolution

N’aura pas de conséquence sur la vie de la communauté Anhauztarde. _ Un curé constitutionnel y exercera son ministère. Par contre, si cette révolution fut mal accueillie, les effets positifs qui se firent sentir par la suite avec principalement la suppression des dîmes et autres privilèges satisferont les populations

Le XIX° siècle

Ce siècle là va débuter très difficilement pour la commune d’Anhaux.
Position du camp retranché de la citadelle de St Jean Pied de Port, l’arrivée de nombreux soldats pour la guerre avec l’Espagne va avoir pour conséquence le développement d’épidémies qui vont ravager les villages de la vallée. Entre 1800 et 1805 cette commune va perdre 44% de sa population.
Puis vont succéder à cela les divers passages de la grande armés de Napoléon qui va, après la débâcle de Sérauren, dévaster le pays, suivie de prés par les troupes Espagnoles qui finiront cette destruction.
Puis ce siècle là va voir la constitution du cadastre qui définira les impositions, l’avènement de l’école, les protections sociales, l’intégration des Cagots du village ; mais hélas aussi de nombreuses intempéries couplées avec les épidémies qui décimèrent les troupeaux. Le phylloxera qui anéantira le vignoble, source importante de revenus n’arrangea pas la situation. Puis l’on constate une chute régulière de la démographie amenant la commune de 700 habitants à 250 environ.

Les figures du village

Les Apésteguy

Les d’Apesteguy d’Anhaux, propriétaires de deux maisons nobles : Jauréguia, salle d’Anhaux et Apesteguia la maison de la famille d’Apesteguy, portaient d’azur à un pal d’argent accompagné de coquilles du même. La maison d’Apesteguy était déjà connue sous le règne du roi de Navarre Thibaut I° qui lui confirma ses privilèges en 1234 [1] . Une branche de cette famille, portant même blason, était établie à Errazu dans la vallée du Bastan ainsi qu’à Larragua ville prés de Tafalla [2] . Blason d'Apesteguy
- Antoine de Chateauneuf chirurgien sieur d’Apesteguy
- Antoine et Jean d’Apesteguy prêtre
- Jean Pierre d’Apesteguy notaire royal et apostolique.
- Arnaud d’Apésteguy l’un des premiers maires qui s’impliqua énormément dans la vie de la vallée

Les Bereterreche

Maison noble dont les propriétaires étaient patrons de diverses prébendes. Les ascendants du maréchal comte de Harispe maréchal de France sortait de cette maison là.

Colonel Jean Irachabal

Fut une figure des guerres coloniales de la III° république et un brillant combattant de la guerre de 14-18. Il épousa Marie Charlotte HARISPE fille de Jean Isidore HARISPE, neveu du Maréchal.

Martin Arreguy d’Uhale

Emigré au Nouveau Mexique, il bâtit une grande fortune par l’exploitation de ressources pétrolières. Il intervint surtout au moment de la restauration de l’église et en fut un grand bienfaiteur.


[1Hubert Lamant-Duhart Armorial du Pays Basque.

[2Hubert Lamant-Duhart Armorial du Pays Basque.


Portfolio

Anhaux : vue générale du village

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L’exposition « Villas et jardins de la Côte basque (1900-1930) », conçue en collaboration avec l’association Giltzarri, offre une découverte des demeures et de leurs jardins du début du XXe siècle. Magnifiques architectures, idéalement insérées dans le paysage de la Côte, venez les découvrir :
- aux Archives royales et générales de Pampelune : du 4 au 30 avril 2017