Des CASTILLON de Bidart : ancêtres des CASTILOUX de Paspébiac

samedi 10 juillet 2010
par  GeneO

Par Lucie Delarosbil

Les CASTILLON de la maison Maillirenea à Bidart semblent bel et bien être la famille de
l’ancêtre des descendants CASTILLOUX de Paspébiac. En effet, le tout débuta le 26 juin
2008, pendant mes fouilles et trouvailles sur la famille de mon ancêtre DAROSPIDE dans les
registres de la mairie de Bidart, quand, subitement, je tombai sur l’acte de mariage de Jean
CASTILLON et Marie d’ETCHEBERRY.

POINT DE DÉPART

Sachant que ce couple marié, Castillon/Etcheberry, portait sensiblement les mêmes noms et prénoms que les parents de l’ancêtre Jean CASTILLOU, en cette époque à Paspébiac, je ne pouvais pas repartir en laissant en plan cette découverte imprévue. Pourquoi ne serait-il pas lui aussi originaire de Bidart ? Je devais continuer sur cette piste. Pour ma dernière heure à la mairie, je décidai de me consacrer à la recherche de mariages chez les CASTILLON.

Ainsi, je trouvai six autres mariages de CASTILLON en lien direct avec la maison Maillirenea : celui de Guilhem et Dominx, sieur et dame de cette maison (en 1692) ; deux de Sabine, leur fille héritière (en 1724 et 1734) ; ceux de deux autres fils prénommés Jean (en 1726 et 1729) ; et celui d’un petit-fils prénommé Jean (en 1763). Voici le tableau :

Dates Épouses Époux
14 octobre 1692 [ses grands-parents] Dominx de MAGUILLE fille de Martin Marinellarenea Guilhem de CASTILLON héritier de Maillerenea
5 février 1724 Sabine de CASTILLON héritière de Maillirenea Jean de FAGONDO héritier de Hiribarron
16 janvier 1726 Marie de CABANNE héritière de Pernatenea Jean de CASTILLON fils de Maillirenea
8 février 1729 Gracianne de LARREGUY fille de Joininjarenca Jean de CASTILLON fils de Maillirenea
13 février 1734 Sabine de CASTILLON veuve de fu Jean de Fagondo et dame de Maillirenea Dominique d’HOSPITAL veuf de fue Marie Damestoy et Sr de Bernatsaindera
19 novembre 1748 [ses parents] Marie d’ETCHEBERRY fille légitime d’Adam Etcheberry et Marie Hiriart Sr et dame de Baroinenia Jean CASTILLON fils légitime de Guillaume Castillon et fue Domeins Maguille Sr et dame de Maillirenea
9 novembre 1763 Catherrine CORROMAIL fille héritière de fus Jean Corromail et Esteveni Hirigoyen Jean CASTILLON fils légitime de fus Jean Castillon et Gratianne Larreguy

En plus, dans d’autres registres, je trouvai deux baptêmes : Joannis (en 1696) et Guillaume (en 1726) ; et deux décès : Guillaume (en 1749) et Jean (en 1760).

Bientôt, deux ans plus tard, des détails sur la vie en mer des CASTILLON viendront confirmer avec plus d’exactitude les appartenances de cette famille de Bidart et ses liens avec celle de Paspébiac.

POINT DE RENCONTRE

Dans le fameux livre de Paronnaud figure une liste de vingt CASTILLON, tous originaires de la côte basque française. Ces marins sont venus au Québec, en Gaspésie, à Terre-Neuve, à l’Île Royale et à Saint-Pierre-et-Miquelon. Alors que quelques-uns sont morts noyés en mer ou dans des prisons anglaises, d’autres ont élu domicile en ces endroits ou sont revenus dans leur patelin basque pour y finir leur vie. On en compte quatre de Biarritz, quatre de Guéthary, onze de Bidart et un de Saint-Jean-de-Luz. Parmi ceux qui nous intéressent, en particulier ceux de Bidart et de Guéthary, plusieurs se prénomment Jean et Joannis.

Voici un tableau sur neuf CASTILLON retenus à cause de concordances identifiées avec des données dans le tableau précédent des mariages à Bidart. Pour certains retenus, on remarquera les noms de leurs parents, épouses et maisons. Pour d’autres, ce sera à cause de quelques lieux de navigation dans la colonne « notes ».

Prénoms Lieux Parents Épouses Maisons Notes
Guillaume (N. 1669 D. 1749) Bidart Martin et Marie Larreguy Domeinge de Naguille Maillirenea matelot
Joannis (N. 1692 D. 1745) Bidart Guilhem et Domeings Naguille Marie Cabane Bernatenea meurt aux prisons anglaises
Jean (N. 1696 D. 1760) Guéthary Guillaume et Dominge Naguille Gracy Larreguy matelot 1746 en Gaspésie meurt chez lui
Joannis (N. 1708) Bidart 1750 sur la flûte l’Adour pour Gaspé
Joannis (N. 1731) Bidart 1752 à Louisbourg
Joannis (N. 1732-34 D. 1776) Bidart Joannis et Gracy Larrea Catherine Corromail Erricadorenea meurt à Terre-Neuve
Bernard (N. 1739) Bidart Joannis et Gracy Larreguy Errosquanea 1776 parti à Terre-Neuve sans nouvelles depuis 6 ans
Dominique (N. 1750 D. 1786) Bidart Joannis et Marie Detcheverry Baroyenia 1776-1777-1778 pêche à Miquelon 1786 maître de chaloupe meurt noyé à Miquelon
Joannis (N. 1752) Bidart Jean et Marichumé Detcheverry Baroïenenea 1772 pêche à Miquelon Parti pour Québec 1774 déclaré disparu

Le dernier de cette liste s’avère celui qui élut domicile à Paspébiac. Tout d’abord, la date de naissance (1752) concorde avec nos présomptions. Son décès qui eut lieu le 16 octobre 1824, « âgé d’environ soixante ans », lui donne en vérité 72 ans. La marge de douze ans semble large. Mais, au recensement de 1777, à Paspébiac, figure un « chef de famille » (traduction de l’anglais), sans mention d’épouse, du nom de John Castillan et, à sa suite, un enfant « mâle de plus de 16 ans » (traduction de l’anglais). Quarante-sept ans sépare la date de son décès (1824) et celle du recensement (1777). Si on enlève dix-sept ans au recensement (le minimum du plus de 16 ans), il ne pouvait être né qu’en 1760 ou avant, alors que 60 ans d’âge au décès le fait naître en 1764. Ce qui démontre que, encore une fois, dans les actes de décès, le terme « environ » tel âge nous indique un état plus ou moins d’enfance, de jeunesse ou de vieillesse.

De plus, le 29 mars 1780, il épousa Marie Jeanne Chapado, une des nombreuses filles de Joannis Chapado (du Pays Basque) et Catherine Laroc (Laroque), avec qui il eut au moins onze enfants : André, Adélaïde, Angélique, Benjamin, Bernard, Etienne, Florent, Hubert, Isaac, Marguerite et Marie. Dans les faits réels, cet enfant « mâle de plus de 16 ans », du recensement de 1777, devait bien être un homme de 25 ans qui se maria à 28 ans, plutôt qu’un jeune homme de 17 ans ans qui se serait marié à 20 ans, avec une femme de 32 ans. Car, Marie Jeanne Chapado décéda en 1845, âgée de 97 ans, et serait donc née dans les environs de 1748.

Par ailleurs, les noms des parents (Jean Castillon et Marichumé Detcheberry) concordent avec ceux qui figurent sur son acte de mariage (Jean Castilloy et Marie Cheverie), Cheverie étant une variante de Detcheverry ou Detcheberry. Pour ce qui est du prénom quelque peu différent de la mère, Marichumé, il suffit de se référer au nom de la maison, Baroïenenea et de comparer la sonorité avec celle, Baroyenia, du précédent marin, Dominique, dont le père se prénomme Joannis. Évidemment, ce sont les mêmes parents, puisque sur leur propre acte de mariage, à Bidart, en date du 19 novembre 1748, Marie d’Etcheberry s’avère la fille légitime des sieur et dame de Baroinenea. Dominique fut donc le frère de l’ancêtre des Castilloux.

Enfin, la section « notes » indique que trois Jean ou Joannis sont venus à Gaspé, Gaspésie et Québec. Les deux premiers se montrent trop âgés pour identifier l’ancêtre des Castilloux définitivement installé à Paspébiac, car ils sont nés en 1696 (Jean) et 1708 (Joannis). En se référant aux parents et à l’épouse, le premier est assurément son oncle. Le second pourrait être son père. L’espoir est de trouver d’autres actes qui viendront nous assurer de ce dernier état de fait, car il est dommage de ne lire aucune information sur la famille de ce Joannis, né en 1708. Par contre, la note : « en 1750, sur la flûte l’Adour pour Gaspé », nous confirme qu’il a connu la pêche dans la région gaspésienne du Québec (Nouvelle-France) et qu’il a dû embarquer avec le mousse de 16 ans, Bertrand Darrosbide (Darospide) de Bidart.

Donc, né en 1752 à Bidart, Joannis Castillon, pêcheur à Saint-Pierre-et-Miquelon depuis 1772 (20 ans), serait « parti pour Québec » et « déclaré disparu en 1774 » (22 ans). Il semble bien qu’il ait arrêté son parcours vers Québec à mi-chemin et décider d’installer ses pénates à Paspébiac, là où fort probablement son père se trouvait. Car, dans le recensement de Bonaventure du 1er avril 1774, le nom de Castillon est absent, mais il y a présence de vingt-huit étrangers, dont un qui habite chez Joseph Arseneau, lequel fut un des quatre témoins, en 1780, au mariage de Jean Castillon fils et Marie Jeanne Chapado.

Au sujet de ce mariage, un autre témoin, inscrit « pierre Joannis » ou « pèrre Joannis », et un autre, Jean Chapadeau (qui peut être soit le père ou le frère de Marie Jeanne), sèment la confusion quant à la présence ou pas du père de Joannis Castillon fils, puisque les deux pères des époux et épouse se prénomment Joannis, Castillon et Chapado, et puisque le frère de Marie Jeanne, est souvent inscrit sous les prénoms Jean Nicolas et, tout simplement, Jean.

Un autre mystère à élucider ? C’est à suivre…


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