Février neigeux, été avantageux !

dimanche 1er février 2015
par  GeneO

1864

8 février

"L’hiver continue à sévir, non seulement en Europe, mais en Asie et même en Afrique. Il gèle au Caire, ce qu’on avait pas vu de mémoire d’homme." [1]

20 février

Voici le tableau de la température relevé par M. Weill, opticien, rue Serviez (Pau), durant ces derniers jours : [2]

9 heuresmidi3 heures
le 13 6°, soleil 14°, soleil 15°, soleil
le 14 8°, soleil 13°, soleil 14° soleil
le 15 8°, soleil 15°, soleil 16° soleil
le 16 9°, soleil 11°, pluie 14° soleil
le 17 7°, pluie 9°, pluie 9° soleil
le 18 2°, soleil 6° soleil 6° soleil
le 19 0 -1°, soleil 1° solei

1879

20 février

Une violente tempête sévit dans le département, les cours d’eau grossissent et les communications éprouvent des retards. [3]

22 février 1879

Les inondations causent de graves dommages notamment dans l’arrondissement de Bayonne. Les routes et les voies ferrées sont endommagées et la circulation interrompue. [4]

Inondations {JPEG}

Rapport de l’Ingénieur en chef du département

"Le fait le plus important à signaler depuis la session du Conseil général en août 1878, consiste dans les avaries causées aux voies de communication de tout ordre par les intempéries d’un hiver extraordinairement pluvieux. (…) Une masse énorme de pluie sur les plateaux inférieurs déjà saturés d’eau, et c’est dans les arrondissements d’Orthez et de Bayonne que les rivières ont monté le plus haut." [5]

25 février

Le conseil municipal de Bayonne vote 5.000fr. en faveur des inondés. Les journaux de cette ville ouvrent des souscriptions.
- On signale plusieurs actes de sauvetage dans l’arrondissement d’Orthez.
 [6]

Une trace encore visible de la crue de 1879 : Saint Esprit, rue René Cuzacq (près de la rue Daniel Argote), sous la voie ferrée.

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Extrait du rapport de l’ingénieur de la ville de Bayonne, après les inondations de février 1879

"Sous l’influence des pluies persistantes qui ont duré presque tout l’hiver, l’Adour et plusieurs de ses affluents ont subi simultanément une crue extraordinaire qui par sa coïncidence avec l’amplitude croissante des marées a, dans les journées des 18 et 19 février dernier transformé toutes les parties basses de la ville en un champ d’inondation plus vaste et plus affligeante que ceux dont les grandes crues de 1856,de 1869 et de 1873 avaient laissé le souvenir.(…)
Après que les eaux de l’Adour ont pu franchir sur une longueur totale de 800 mètres entre les deux ponts, les quais et les berges de la rive droite dont la hauteur par rapport au niveau moyen de la mer varie entre les cotes 1m03 et 2m58 le champ d’inondation du quartier St-Esprit s’étendait jusqu’au pied des coteaux, sur une superficie d’environ vingt hectares circonscrite à l’Est par la levée du chemin de fer et à l’Ouest par la place St-Esprit. Toutes les voies publiques et les rez-de-chaussée des immeubles de cette partie du quartier ont été submergés et le service de l’abattoir est resté interrompu pendant six jours.
Sur la rive gauche du fleuve, à deux kilomètres en amont de Bayonne, le débordement a atteint une hauteur exceptionnelle ; la salle des fours de l’usine à gaz de Mousserolles a été envahie pendant la pleine mer du 18 février .Et ce n’est qu’au bout de dix jours qu’il a été possible de rétablir l’éclairage public.
Sur les deux rives de la Nive, les eaux ont pénétré dans l’intérieur d’un grand nombre de maisons, soit en franchissant les murs de quai, soit par les égouts ;la circulation était interceptée sur les quais ,de même, que dans les parties basses de diverses rues adjacentes.
La plaine des Allées-Marines, sur une étendue de plus de trente hectares, présentait un aussi triste spectacle que celle de St-Esprit ; presque toutes les maisons de ce quartier suburbain étaient inondées ;la route de la Barre, le chemin de fer de Bayonne-Biarritz, la chaussée de Sabalce, le quai de la promenade publique étaient en grande partie sous l’eau.(…)

Observée en amont du Pont St-Esprit,
La crue du 16 juin 1856 a été supérieure au niveau moyen de la mer de 2m50
La crue du 3 mars 1869 avait atteint la cote 2m51
Celle du 2 mars 1873 la cote 2m58
Et celle du 19 février 1879, la cote 2m70

Il serait intéressant de pouvoir comparer les crues récentes aux crues anciennes qui, au XVI, XVII, et XVIII siècle causèrent de grands ravages dans Bayonne ; mais les archives de la ville qui en font mention ne contiennent aucune indication précise en ce qui concerne les hauteurs d’eau, et cela tient probablement à ce que l’usage des échelles hydrométriques était peu répandu à cette époque. » [7]

1888

15 février

Tremblement de terre dans tout le Pays Basque, notamment en Navarre, à Saint-Palais et à Burguete.
Phénomène signalé à Bayonne : coups de tonnerre au milieu d’une bourrasque de neige. [8]

1915

21 février

D’aucuns parleront de tempête, d’autres de cyclone et même d’ouragan, en tout cas c’est un véritable drame qui s’est noué en quelques heures à Bayonne ! Dans la nuit du 21 au 22, se sont abattues de violentes pluies assorties de vents comme en avait jamais vu. Le lendemain à midi le chemin de fer du BAB n’était pas encore remis en service. Le tramway de Bayonne à Biarritz, toujours immobilisé ; le service ne reprendra pas avant plusieurs jours. D’énormes arbres sont tombés, mettant à terre les fils électriques et obstruant les routes. Les hommes du génie civil, 40 militaires aident les cantonniers de la ville de Bayonne à réparer les dégâts.
Beaucoup plus grave encore, le deuil s’est installé : ce caprice du ciel a tué deux innocents et en a blessé 5 autres.
Hubert DIBART, 15 ans seulement, fils du capitaine DIBART du 49ème et actuellement au front a été tué sur le coup, sur les allées Paulmy, près de la station des arènes. Il se rendait au lycée, son cartable sous le bras, "quand tout à coup, un ormeau énorme, arraché par la violence inouïe du vent, s’est couché sur lui et lui a broyé la tête ainsi que le thorax". Sa mère habitait villa Myosotis, dans le quartier des Arènes.
Clérisse FARABOS de Bassussarry allait comme bien souvent porter son lait comme le requérait son métier de laitière. Traversant Saint-Léon "avec un âne attelé qu’elle tenait par la bride", un gros arbre soudain arraché, s’écrasât sur elle, la tuant sur le coup ainsi que son âne dont la tête fut broyée. Transportée à l’hôpital Saint-Léon, sa famille dont son mari Susbielle put venir la reconnaître et témoigner sa profonde tristesse.
Cinq jeunes frères et cousins, furent eux aussi victimes par la soudaineté de cette tempête : dans la famille COSTE, Charles 13 ans, Albert 10 ans, Jean 16 ans, Alexis 8 ans, et leur cousin Bernard ATCHOARRÉNA, 8 ans tous demeurant dans la villa CORINGA de Saint-Léon, se rendaient à 8 heures à l’école quand un arbre tomba devant eux sur la route. Tous furent blessés : heureusement, leurs jours n’étaient pas comptés.
Bayonne n’à plus qu’à panser ses plaies : les allées Paulmy, les allées Marines, le quartier Saint-Léon sont dévastés ! Les arbres arrachés, les cheminées, tombées, les toitures arrachées, les cables électriques coupés, les lignes télégraphiques à terre : il faudra un travail énorme pour tout remettre d’applomb.
Sur le quai de Mousserolles, des barriques vides, stockées là sont toutes tombées dans l’Adour.
Le garage de la société nautique est très abîmé par la chute des arbres.

Pau n’a pas été épargné : la tempête a poursuivi sa route ! Elle a causé de graves dégâts dans le hangar abritant le dirigeable "Astra", blessant au passage des militaires qui en avaient la garde. [9]

1973

23 février

Le Pays Basque connaît une vague de douceur exceptionnelle pour un mois de février. La température minimale relevée pour la nuit est de 17,7°C à Biarritz.
La veille il faisait 23° !
 [10]


[1Source : Annuaire administratif, judiciaire et industriel du département des Basses-Pyrénées, Bibliothèque municipale de Bayonne

[2Source : Mémorial des Pyrénées, 52e année, n°22, 20 février 1864, conservé à la Médiathèque intercommunale Pau-Pyrénées

[3Source : Annuaire administratif, judiciaire et industriel du département des Basses-Pyrénées, AD64, BIB 218 BA

[4Source : Annuaire administratif, judiciaire et industriel du département des Basses-Pyrénées, AD64, BIB 218 BA

[5Gallica, bnf.fr, Rapports et délibérations - Conseil général des Pyrénées-Atlantiques http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61060328/f25

[6Source : Annuaire administratif, judiciaire et industriel du département des Basses-Pyrénées, AD64, BIB 218 BA

[7CG64, service des archives, E dépôt de Bayonne 1 I 19 (Dossier lutte contre les inondations 1879-1938)

[8Revue de Béarn, Navarre et Lannes : partie historique de la Revue des Basses-Pyrénées et des Landes, 1888, tome 6, Gallica-Bnf.fr

[9CG64, SDA, 1 M 235


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Archives départementales 64 : fermeture des salles de lecture

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Fermeture exceptionnelle du Pôle d’Archives de Bayonne
Mercredi 24 mai après-midi

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